pepelepepe
 Localisation: Vallée du Richelieu Date d'inscription: 01/03/2010
 | Sujet: La biosécurité Jeu 12 Aoû 2010, 8:55 pm | |
| De manière vulgarisée, on peut présenter cette notion de biosécurité comme une composante de la prévention des risques dans un milieu donné, tels les laboratoires bio-médicaux et bio-technologiques, et les élevages et cultures où la tangente des maladies inférées par des microorganismes constitue une facette importante de la production. Dans le cas de laboratoires, on parlera de postes de sécurité microbiologique et des dangers de la biocontamination. Les gestionnaires de ces laboratoires dans le cadre de la mise en place des mesures de prévention se réferreront aux classements établis des micro-organismes, des agents biologiques, des hottes et des niveaux variables de sécurité. Les textes et arrêtés publiés sur ce sujet forment la base de connaissance sur laquelle le choix des actions de prévention sera déterminé. Dans le cas des élevages, on réferrera plutôt aux types d'infrastructures construites pour l'élevage et aux dangers d'infections chez les animaux. Les mesures de biosécurité choisies visent à réduire sinon empêcher l'entrée de l'extérieur de bactéries et de virus provoquant une hausse de la maladie dans le cheptel et conséquemment une augmentation de l'utilisation d'anti-viraux et autres médicaments. Chacun des êtres vivants ayant séjourné à l'extérieur du milieu d'élevage constituent des vecteurs de maladie et doivent de facto être contrôlés. En plus des humains, la prévention doit tenir compte d'animaux comme les oiseaux, les rongeurs, les animaux de compagnie. Les véhicules et les équipements provenant de l'extérieur doivent aussi être considérés puiqu'ils peuvent avoir été contaminés. De plus il faut porter une attention particulière aux aliments achetés qui eux aussi ont une provenance externe. Le ministère de l'Agriculture, de l'alimentation et des affaires rurales de l'Ontario propose sur son site internet un plan de prévention biosécuritaire rédigé par Mario S. Mongeon le 22 mars 2006 (http://www.omafra.gov.on.ca/french/livestock/dairy/facts/biosecurity1.htm): | Citation: | Suggestion d'un plan de biosécurité pour votre ferme
Votre plan de biosécurité à la ferme pourrait inclure, entre autres les points suivants:
--Placer à la barrière de la propriété un écriteau indiquant les mesures de biosécurité en usage sur la ferme. Fixer des avis d'admission réglementée sur la porte de tous les bâtiments d'élevage.
--Garder les véhicules de service aussi loin que possible de tout bâtiment d'élevage.
--Marquer un stationnement réservé aux visiteurs, à bonne distance des véhicules et des machines de la ferme, du fumier et des aliments pour les animaux d'élevage. Les véhicules des visiteurs devraient ne montrer aucune souillure de fumier ou de matière organique.
--Au besoin, établir un point d'accès obligatoire pour les visiteurs. Une sonnerie pourrait avertir de l'arrivée d'un visiteur.
--Garder un registre des visites à la ferme (nom, date et véhicule).
--Essayer de découvrir si d'autres exploitations ont été visitées avant la vôtre. --
--Préciser le moment de la visite et le genre d'exploitation. Par mesure de sécurité, 48 heures devraient s'écouler depuis la visite d'une autre ferme - une semaine dans le cas de visiteurs venant de l'étranger.
--Restreindre l'accès aux bâtiments d'élevage de façon à n'admettre que les visiteurs indispensables. Garder les visiteurs à l'écart des enclos et des couloirs d'alimentation, et empêcher tout contact direct avec les animaux d'élevage, sauf en cas de nécessité absolue.
--Exiger que tous portent des vêtements propres ou fournir des vêtements et des bottes propres sur la ferme.
--Interdire l'entrée de tout aliment d'origine animale sur la ferme.
--Fournir un contenant ou sac de plastique propre pour la collecte des vêtements souillés et des articles jetables utilisés par les visiteurs.
--Demander aux visiteurs de se laver les mains avant de quitter les lieux, particulièrement s'ils sont entrés en contact avec des animaux d'élevage. Les personnes faisant partie d'un tour guidé devraient avoir accès à un poste de lavage des mains ou à tout le moins à un produit nettoyant pour les mains. Si vous servez des repas, veiller à le faire loin des installations d'élevage, et après le lavage des mains.
--Placer un pédiluve (bain de pieds) contenant un désinfectant approprié ainsi qu'une brosse pour faciliter le nettoyage à l'entrée de chaque bâtiment. Garder les pédiluves propres tous les jours en enlevant les matières organiques déposées et renouveler le produit au besoin. Il est certain que les pédiluves sont incapables à eux seuls d'assurer la désinfection des chaussures.
--Vérifier que tout le matériel utilisé par les visiteurs est soigneusement nettoyé et désinfecté et, le cas échéant, entreposé de façon convenable avant d'être utilisé sur les lieux. Vous devez aussi nettoyer le matériel et les outils empruntés avant de les utiliser et avant de les remettre.
--Limiter les allées et venues des chiens et des chats entre fermes voisines;
--Réduire au minimum le contact des chiens et des chats avec les animaux et les aires d'alimentation;
--Vacciner les chiens et les chats de la ferme.
Les visiteurs doivent être mis au courant du niveau de biosécurité adopté sur une ferme et se soumettre aux règles préconisées
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Dernièrement, un reportage de Martin Ménard apparu dans la revue Bovins du Québec édition été 2010, un supplément de La Terre de Chez Nous, portait sur une ferme d'élevage bovine de la région de l'Ange-Gardien en Montérégie. Selon ce reportage, le propriétaire de l'Entreprise E.D.L., Éric Provencher, la biosécurité revêt une importance capitale dans la gestion quotidienne de cette ferme de 2000 têtes. Cet article intitulé "La biosécurité: une question d'argent" et daté du 9 août 2010, a aussi été repris sur le site de laterre.ca (http://www.laterre.ca/elevage/de-largent-pour-la-biosecurite/):
| Citation: | jeudi, 12 août 2010
La biosécurité: une question d'argent
À la barre d'un élevage d’environ 2000 têtes, Éric Provencher accorde une importance d’envergure à la biosécurité. Et ce n’est pas pour bien paraître dans un banquet!
09 août 2010
par Martin Ménard - Élevage
Après quelques kilomètres à circuler dans la campagne d’Ange-Gardien, en Montérégie, les premiers bâtiments de l’Entreprise E.D.L attirent rapidement l’attention. À vrai dire, la barrière clôturée affichant en gros « Biosécurité, Accès interdit » contraste avec ce qu’on retrouve habituellement sur les fermes bovines. De fait, la biosécurité est une variable cruciale dans l’efficacité de l'entreprise d'Éric Provencher.
« À la base, c’est assez simple : plus tes animaux sont malades et plus tu utilises de traitements, moins tes profits sont élevés. L’an dernier, nous avons eu 4 % de morbidité (incluant les conjonctivites et les boiteries) et 1,16 % de mortalité malgré le fait que les deux tiers des animaux du troupeau soient achetés avec un poids de moins de 800 lb. Ce sont de très bons résultats que nous nous efforçons de maintenir. À cet égard, nos actions en matière de biosécurité y jouent pour beaucoup. »
Halte à la transmission des bactéries
L’association entre science à outrance et biosécurité peut effrayer, mais en réalité, il s’agit d’une pratique courante à la ferme. « Premièrement, j’aime fermer un lot en 48 heures avec des animaux uniformes provenant du même endroit. C’est un avantage que détiennent les éleveurs de l’ouest, car au Québec, si je veux acheter ce même lot de 180 veaux, ceux-ci pourront provenir de 180 éleveurs différents. Cela augmente de beaucoup la transmission de maladies ». Monsieur Provencher ajoute que des lots uniformes lui permettent également une efficacité accrue concernant l’alimentation et le conditionnement des nouveaux venus. « Le voyage, et le fait que certains animaux viennent tout juste d’être sevrés représentent un stress pour plusieurs d’entre eux. Nous les isolons dans un bâtiment de quarantaine où les attend une nourriture de qualité, un espace au sol supérieur et un excellent contrôle de l’aération. Cela diminue les chances de contamination et fournit aux veaux des conditions optimales pour récupérer. Si certains individus ou même, le lot en entier, présentent des signes de maladie, nous pouvons les traiter rapidement puisque la cage de contention est annexée à ce bâtiment. »
Une fois la quarantaine terminée, les veaux prennent une direction précise dans l’étable : celle du dernier enclos! En effet, à l’arrivée d’un nouveau lot, tous les autres animaux sont déplacés dans l’enclos subséquent afin de maintenir un ordre préétabli; des plus vieux aux plus jeunes. Il s’agit d’un moyen supplémentaire de biosécurité qui empêche le contact avec les animaux seniors. Aussi, chaque enclos est numéroté. D’une part pour la logistique reliée aux rations de nourriture, d’autre part pour rendre plus efficace le traitement des maladies. « Mis à part les cas graves, lorsqu’un animal malade est traité, nous le retournons immédiatement dans son enclos respectif, autrement cela compromet son acceptation par le groupe. Sauf que cet animal doit faire l’objet d’un suivi particulier. Les enclos numérotés et le fait de peinturer la bête traitée nous permettent de le localiser plus facilement parmi les siens. Et tout est noté dans un registre informatique. Ainsi, nous connaissons exactement les interventions et les coûts associés à chaque animal, de chaque lot. »
Éric Provencher est formel; la biosécurité passe par un contrôle rapide des maladies. « Tous les matins, nous effectuons une tournée des animaux afin de vérifier leur bon état. Aucun laxisme n’est toléré. Si nous avons le moindre doute, nous amenons l’animal pour prendre sa température. Parce que nous détectons rapidement les problèmes, cela exige des quantités inférieures de médicaments. » Les traitements en question doivent être pratiqués de façon spécifique. « Nous avons un protocole pour chaque type de maladie. Révisés tous les ans, ils sont rédigés avec l’aide d’un vétérinaire sur la base des symptômes ou sur celles de circonstances précises. Quatre personnes travaillent au sein de l’élevage si chacun y va du médicament et des doses de son choix, cela se traduira par des coûts supplémentaires et une efficacité qui pourrait être moindre. »
Des infrastructures… biosécurisées!
Certains petits trucs concernant les infrastructures valent leur pesant d’or dans la lutte aux maladies. « Un élément de biosécurité qui peut sembler ne pas en être un, consiste en un petit système de chauffage installé au-dessus de la cage de contention. Il permet de traiter les animaux 365 jours par année. J’ai déjà connu des journées assez froides pendant lesquelles les vaccins gelaient littéralement dans les seringues. Sans chauffage, il faut attendre… En sachant que le nombre de bactéries double toutes les 30 minutes chez un animal malade, une ou deux journées de retard peuvent s’avérer lourdes de conséquences ».
En ce qui concerne la propreté, les enclos sont nettoyés chaque semaine, le lundi et le mardi. Le chargeur utilisé est aussitôt lavé puisqu’il sert également à la manipulation de la nourriture. Le plancher du bureau est désinfecté au chlore quelques fois par année, tout comme la zone où se trouve la cage de contention. Un programme de lutte contre les rongeurs est en place. Concernant les oiseaux, le boulot se fait à l’ancienne : ils sont chassés au fusil!
Pour Éric Provencher, une bâtisse construite en hauteur favorise une saine ventilation, et qui plus est, un plafond isolé diminue la chaleur en été et l’égouttement par temps frais. De plus, l’extrémité est orientée en direction nord et sud, minimisant les courants d’air provenant des vents dominants.
Des intrants vérifiés
« Pour la litière et la nourriture, nous nous assurons que nos transporteurs sont sérieux. Des camions propres et du matériel de bonne qualité. Les zones où décharger chaque type d’intrant sont identifiées, et cela doit être respecté. » Monsieur Provencher et son équipe pratiquent la même rigueur pour les vaccins, les antibiotiques et les antiparasites. « Nous faisons analyser différents échantillons de fumier, pour évaluer la résistance des parasites et des bactéries aux produits utilisés. Cela nous permet de choisir les traitements les plus efficaces. Encore une fois, la performance et la rentabilité du troupeau en sont avantagées. »
Le succès…
L’élevage bovin n’y échappe pas : de petits détails, dont un contrôle sévère des maladies, font foi du succès. L’élevage de M. Provencher est intéressant, car mise à part son implication en biosécurité, il expérimente l’efficacité de plusieurs intrants sur son troupeau. D’ailleurs, il serait pertinent d’évaluer les résultats de ses tests sur différents implants… Le message est lancé!
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Des photos d'Éric Provencher et de l'Entreprise E.D.L.:


J'ai essayé du mieux que je peux de vous résumer ce qu'est la biosécurité, de vous exposer des mesures de biosécurité qui pourraient être mises en place dans le cadre d'un lieu d'élevage, et de vous présenter une ferme où l'application de ces mesures a donné des résultats positifs. En espérant que vous avez pû visualiser toutes les difficultés d'en arriver à un milieu d'élevage de qualité et qui provoque en vous une confiance élevée dans la salubrité des produits animaux que vous consommerez prochainement.
Pépé Lepépé |
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Charo

 Localisation: Centre-du-Québec Date d'inscription: 13/04/2009
 | Sujet: Re: La biosécurité Jeu 12 Aoû 2010, 10:11 pm | |
| Très bon reportage |
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pepelepepe
 Localisation: Vallée du Richelieu Date d'inscription: 01/03/2010
 | Sujet: Re: La biosécurité Ven 13 Aoû 2010, 8:53 am | |
| Charo, puisque tu oeuvres dans le secteur de la production bovine, connaissais-tu Eric Provencher et son entreprise E.D.L. avant qu'il fasse l'objet d'un reportage dans la revue Bovins du Québec? Es-tu en accord avec son approche de gestion d'une entreprise de production animale? Les réponses et les témoignages de quelqu'un directement concerné apporte toujours un éclairage particulier sur les particularités d'un domaine de production.
Pépé Lepépé |
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Charo

 Localisation: Centre-du-Québec Date d'inscription: 13/04/2009
 | Sujet: Re: La biosécurité Ven 13 Aoû 2010, 9:09 pm | |
| Oui un peu, je connaissais plus Denis Lacoste des entreprises Denis Lacoste (E.D.L.) qui en plus du parc d'engraissement avait un troupeau de charolais pur-sang. Son départ prématuré laisse un vide dans les rencontres d'éleveurs de la race car il était un bon vivant. Pour la biosécurité dans un parc d'engraissement où il y a une grande concentration d'animaux qui proviennent d'un peu partout, dans peu d'espace, plus on en fait plus les animaux ont de bonnes performances. Étant donné que ces animaux sont destinés à la consommation humaine, moins ils reçoivent de traitements aux antibiotiques en travaillant sur la prévention des maladies mieux c'est. Ici aussi les animaux finissent en viande mais pour la plupart ils ont une durée de vie plus longue. Cet été on a réformé une vache de 17 ans et une autre de 15 ans, le système immunitaire de nos animaux doit être bien développé, si on aseptisait trop l'environnement peut-être que nos animaux seraient moins résistants aux maladies. On a un troupeau ouvert, ce qui veut dire qu'on vend et achète des bêtes de d'autres producteurs, une mise en quarantaine est effectuée à l'arrivée des animaux. Les visiteurs mettent des bottes de plastiques lorsqu'ils circulent parmi les animaux. On produit la plupart des aliments sauf les minéraux. On fait plusieurs choses décrites dans le reportage, mais on a pas exactement la même régie, l'été les animaux vont dehors. |
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